EDUCATION

Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 22:18
 A la veille de la parution des nouvelles orientations pour le Lycée de demain,si rien n'a encore filtré, on doit  s'attendre à la prise en compte des conclusions émises par R Descoings lors de son enquête nationale: à savoir  une revalorisation des filières littéraires et économiques,  la mise en place d' aides personnalisées, l' amélioration de l'orientation des élèves......mais pas à une remise en cause radicale, qu'il faudrait faire ,si on reprend les propos de Chauvel et Maurin.
Leurs constats sur notre système éducatif et sociétal sont éclairants. A lire attentivement ,histoire d'alimenter  le débat à venir, et  ne pas se contenter de l'éternel: c'était mieux avant.
La présentation est sèche: tout ce que j'ai sélectionné me semble intéressant
, réaliste, et devrait mieux orienter notre jugement sur les véritables réformes à faire.
J'ai relevé chez  Louis Chauvel :
  On mesure en France un très fort déclassement scolaire, en particulier pour les diplômes bac, bac +2.

le fait que les nouvelles générations depuis une vingtaine d'années font face à un déclassement structurel croissant ou avec de plus en plus de diplômes, les nouvelles générations peinent à se loger décemment.

  la valeur des diplômes a très fortement décliné par rapport à ce que ces diplômes auraient donné trente ans plus tôt. 

  dans l'Europe nordique, mais aussi chez les Anglo-Saxons, le flux croissant de diplômés s'est développé au rythme de la croissance des emplois qualifiés. En revanche, en Italie, en Espagne, en Grèce, dans l'ensemble des pays de l'Europe méditerranéenne - dont la France -, les jeunes ont bénéficié d'une très forte croissance des diplômes, mais les emplois correspondants ont connu une croissance beaucoup plus lente.

La résultante en Italie, en Espagne, en Grèce, en France également, c'est que beaucoup de diplômés ne peuvent pas trouver des emplois correspondant aux qualifications scolaires qu'ils ont reçues.

 Jusqu'à présent, en période de paix, le devenir moyen de la génération suivante, c'est d'être au-dessus de la génération qui a précédé. Depuis vingt-cinq ans, on mesure une inversion de ce flux.

  Les jeunes qui ont connu des bas salaires, de faibles niveaux d'emploi, qui ont connu le chômage à leur entrée tardive dans la vie adulte après de longues études, peineront à trouver un niveau de retraite décent dans les prochaines décennies. 

Il y a vingt ans, des politiques de lutte contre le déclassement auraient pu être mises en place sans efforts considérables, en travaillant plus sur la formation tout au long de la vie, en rendant moins douloureux les changements d'emploi, en renouvelant les qualifications d'une partie massive de la population.

Pour le dire vite, l'essentiel des politiques publiques mises en œuvre dans des pays comme le Danemark, des pays où les gens changent d'emploi sans en éprouver une souffrance considérable parce qu'il y a une vraie négociation collective et un accompagnement social qui va avec, ont eu des résultats très positifs.

En France, on a fait tout le contraire. Les entreprises en difficulté ne recrutent plus et laissent vieillir leurs travailleurs jusqu'à l'âge de la préretraite. Les entreprises dynamiques essaient d'embaucher le moins possible en augmentant de plus en plus la productivité de leurs travailleurs en place.

Et en France, changer d'emploi, c'est le risque permanent de perdre tout un ensemble de droits fondés sur l'ancienneté dans l'entreprise. Le résultat est qu'on travaille avec de moins en moins de gens, de plus en plus épuisés et stressés, jusqu'à la veille du départ à la retraite. Ce n'est pas un modèle stable de développement.

L'un des points importants du livre d'Eric Maurin, c'est effectivement le fait que l'Etat-providence à la française, de type corporatiste, qui donne beaucoup de droits, en particulier à ceux qui sont depuis longtemps dans une entreprise, produit beaucoup de déstabilisation sociale. 

La Suède, par exemple, a réussi à sauvegarder son modèle de classe moyenne, en parvenant à être toujours en avance sur le changement et le progrès des qualifications.

  C'est vrai que le modèle méritocratique français est très spécifique. Partout dans le monde hors de France, la méritocratie, c'est le talent plus l'effort. En France, c'est le concours réussi à l'âge de 20 ans.

  En France et en Europe, au contraire, il y a véritablement une carence de vision d'avenir   Nous devrions nous poser la question de quel modèle social nous voulons pour 2025, mais la vraie question des politiques aujourd'hui, c'est : "Comment préparer 2012 ?"


Quelques réflexions de Éric MAURIN qui vient de sortir un ouvrage,"La peur du déclassement"

.....les  politiques publiques , depuis cinquante ans, ont systématiquement privilégié la protection de ceux qui ont déjà un emploi plutôt que le soutien de ceux qui n'en ont pas. 

Plus les statuts sont protégés, moins souvent on les perd, mais plus on perd quand ils disparaissent.

  Dans notre vieille société hiérarchique, la dignité sociale est historiquement attachée à la conquête et à la conservation d'un statut 

Ce qui a changé depuis l'Ancien Régime, c'est que les statuts ne s'héritent plus de père en fils, mais doivent se reconquérir à chaque génération, au terme d'une lutte généralisée.

Dans un tel contexte, chacun commence sa vie avec la crainte de ne jamais trouver sa place, et la finit avec l'angoisse de voir les protections chèrement acquises partir en fumée ou ne pas pouvoir être transmises à ses enfants. Une telle société est particulièrement difficile à transformer, parce que toute réforme paraît léser une génération au profit d'une autre.

  L'impératif de ne pas échouer à l'école est devenu écrasant. L'enjeu de la compétition scolaire n'a jamais été aussi élevé, les diplômes ont pris une valeur exorbitante. C'est particulièrement angoissant pour les familles 

  L'attachement d'une société aux statuts et aux rangs a pour contrepartie la relégation des nouveaux arrivants. Or, les nouveaux arrivants, ce sont les jeunes. Avant de s'assurer une place sur le marché du travail et dans la société, ils ont toujours dû patienter. Le paradoxe est qu'une fois arrivés au pied de l'échelle sociale, les jeunes eux-mêmes défendent ce système 

Craignant un déclassement irréversible, une génération entière de diplômés se tourne alors en masse vers la fonction publique pour sécuriser ses investissements scolaires.

Dans les années qui précèdent 1993, 10 % à peine des diplômés allaient dans le public; après 1993, la proportion grimpe à 50 %. Cet afflux crée un formidable embouteillage et accroît fortement la proportion de jeunes surdiplômés dans l'administration. Face à la récession, une génération a échangé ses diplômes non pas contre une qualification, mais contre une protection.

Cela portait en germe le risque d'une radicalisation, notamment parmi les classes moyennes du public, et tout projet de réforme de l'Etat sera désormais perçu comme une remise en cause intolérable d'un statut légitimement et chèrement acquis. Les effets seront durables.

Par serge - Publié dans : EDUCATION
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 09:05

Nous avons accueilli Vendredi dernier pour la première fois  7 volontaires d'UnisCité Méditerranée qui accomplissent actuellement leur Service Civil Volontaire. Ils ont répondu favorablement au projet que nous avions soumis à Uniscité. Ils seront tous les Vendredis avec nous de 9h à 16h,jusqu'au mois de Juin, pour apporter leurs expériences et nous aider à développer certaines  actions. Nous avons prévu de travailler avec eux, sur  3 grands thèmes:

1 Acquisition des fondamentaux: pratique du vélo et entretien, découverte de la politique développée par le CVV.

2 Mobiliser le grand public à l'usage du vélo (Informer, recueillir des témoignages, faire découvrir le vélo avec un kit de sensibilisation......)

3 Enrichir le réseau de communication autour du projet CVV.

Toutes les actions seront accompagnées d'un ou plusieurs  membres de l'Association, afin d'apporter notre expérience et la technicité indispensables . Ils auront à construire des  projets qui   enrichiront  le CVV.

La vidéo représente une première séance de vélo école sous la conduite de Annick.

CVV: Collectif Vélos en Ville

 

Par serge - Publié dans : EDUCATION
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 15:05

s’écrie en classe un élève au sujet de sa professeur......

c'est le titre que Paul Villach a choisi pour sa dernière rubrique, où il cherche visiblement à accrocher son lecteur. Il a réagi  à une lettre de prof qui est paru dans le Monde du 3 Décembre,où Véronique Potte,remplaçante depuis cinq ans,  témoigne de  son  ras le bol: débutante et,TZR (Titulaire sur Zone de Remplacement) ,elle crie  son désarroi......
 Cette lettre a  fait aussi réagir  Daniel Sallenave qui lui a consacré sa dernière chronique sur France Culture.
Après le scandale autour du téléphone,  les incivilités de tous les jours continuent à faire les choux gras des médias, alors que le ciné avait déjà anticipé  avec "Entre les murs" et "la Journée de la jupe".
On ne peut pas soupçonner Sallenave d'être une hyper réac, elle rentre dans la catégorie des classiques:par exemple, elle revendique un titre de prof de littérature et non pas de français.  Persuadée , et je ne sais pas si elle a raison qu'il vaut mieux lire un bon livre que d'en écrire un mauvais.Élitiste,surement, elle rallie les plus conservateurs dont Natacha Polony,ex journaliste à Marianne... Quant à Villach, autre prof,  autre tendance, il s'est spécialisé dans l'écriture sur les dysfonctionnements de l'école qu'il explique par  les démissions respectives de l'enseignant, de l'administration et l'inexistence chronique de réel collectif de profs.Une voie qui s'ouvre ?

Extraits de la lettre de Véronique Potte.
« Après la Toussaint, me voici dans le Val-d’Oise. Lundi, mes élèves de 4ème rentrent au compte-gouttes. Certains arrivent par grappes en se catapultant contre la porte d’entrée de la salle de classe qui s’ouvre sous le choc.
 Ils jettent leur sac, changent deux ou trois fois de place, continuent à parler comme si je n’existais pas, ne daignent pas sortir feuille ou stylo.
 Un élève cherche à rouler une pelle (embrasser serait un terme inapproprié) à sa copine du moment, fait semblant d’être étonné que je lui demande des comptes. Un autre petit couple se tripote assidûment sous la table. Une gueulante de ma part. Les élèves s’assoient mais n’arrêtent pas de s’interpeller. Une élève remarque mon désarroi et sourit à pleines dents : « Elle va chialer ! » Comme je rétorque vertement, ce n’est pas encore la curée. En sortant, je dois avoir l’ air hagard car un élève de 5ème me dit : « Oh ! ne vous inquiétez pas Madame ! Ils sont comme ça avec tout le monde ! » Un autre a vu que je boitais et me demande avec bienveillance ce que j’ai, c’est ce qui manque me faire pleurer.
Mardi, deuxième cours avec eux à l’avenant. Comme je me plains en salle des profs, on me dit : « Il y a pire ailleurs ! Ici, les profs tiennent le coup en attendant d’avoir des points. ».........
  Jeudi et vendredi, je prends le carnet : « Oh ! Madame, vous êtes sûre que vous voulez me mettre un mot ? » Menace à peine voilée qui sera réitérée le lendemain. Une exclusion de cours est impossible. L’équipe de Vie scolaire est débordée. On me l’a expressément interdit. »...............
« Week-end infernal. Leurs tentatives d’intimidation commencent à fonctionner. Je pense à eux tout le temps. J’essaie d’imaginer des stratagèmes. Je refais le cours toujours en plus simple pour éviter d’avoir à écrire au tableau, car tourner le dos est souvent source d’agitation, de jets d’objets.....
  Le lundi, comme j’attends le silence depuis 20 minutes, mon cours leur manque, ils sont gênés : « Oh ! Madame, ça se fait pas ! Continuez à parler ! Écoutez pas nos conversations ! » Alors je m’avance dans l’allée pour chercher à capter leur attention. Un élève s’aperçoit que je boîte légèrement »

  citer textuellement l’élève. J’ouvre les guillemets :
« Ouah ! Elle boite ? Elle s’est fait enculer ou quoi ? » C’est un enfant de 13 ans qui parle. »
  Je termine le témoignage. « Je file directement dans le bureau de la principal. Je ne sais pas jusqu’où ils sont capables d’aller. J’arrête. Oh bon ! Ce n’est pas partout comme ça ! me dit-on. Encore heureux ! »
Changeons l'école
avec le commentaire

 

Par serge - Publié dans : EDUCATION
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