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on a tout mélangé

en lisant la lettre de Guy Môquet  aux  joueurs de  l'équipe de France., pour les rendre plus  agressifs!!!!!! 
Ce type de conditionnement qui est devenu la règle au rugby  serait à mon humble avis à  reconsidérer..... il y a un asservissement un peu infantile voire un abêtissement ...qui se trouve être  aux antipodes   d'une certaine  éthique sportive, voire  d'une  démarche digne ; si nous avons fini par convenir que le corps et l'esprit sont indissociables, et que la concentration, la préparation mentale sont des pratiques à inclure ,il me semble indéniable qu' une autre  voie est à considérer, pour le coaching afin qu'elle soit moins primaire, peut être plus "philosophique".....afin que le rugby ne devienne pas  un sport de voyous joué par des voyous .
Je vous invite à lire la réaction d'un écrivain, parue dans Libération, à la lecture faite aux rugbymen français , en cliquant sur commentaire....
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F
Effectivement j'avais déjà lu ton coup d'humeur lorsque nous avons déjeuné ensemble... Je ne trouve rien à redire...
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S
article paru dans le nouvel obs<br /> La chronique de Jacques Julliard<br /> Laporte franchit le rugby con<br /> Pourquoi a-t-on laissé l'entraîneur du Quinze national faire perdre à nos joueurs ce french flair qui a fait la réputation du rugby français ?<br /> <br /> <br /> <br /> Leur base arrière de Marcoussis, les trente joueurs du XV de France l'ont rebaptisée Marcatraz. C'est dire la gaieté et la décontraction qui régnent là-bas. Est-ce parce qu'il a transformé leur lieu d'entraînement en camp de concentration que Bernard Laporte a eu l'idée obscène de faire lire aux joueurs, sur le point de rencontrer l'Argentine, la lettre d'un condamné à mort ?<br /> Oui, il est obscène de transformer en instrument de motivation pour un match de rugby la lettre pathétique envoyée par un gosse de 17 ans, Guy Môquet, au moment d'être fusillé comme otage par les Allemands. Oui, il est obscène de déguiser ce qui devrait être un moment de bonheur et d'amitié en Grand Guignol patriotique, sous la férule d'un adjudant de caserne. Les Argentins ne sont pas des nazis. L'avenir de la France ne se joue pas sur un terrain de sport. On n'a respecté ni le rugby ni la mémoire des martyrs. Avec le résultat prévisible que l'on sait. Notre coeur saigne pour ces trente excellents et braves joueurs. Mais Bernard Laporte, lui, ne l'a pas volé.<br /> Je n'ai toujours pas compris pourquoi, il y a quatre ans, lors de la précédente Coupe du Monde, à la suite du fiasco de la demi-finale contre l'Angleterre, où sa responsabilité personnelle était engagée, Bernard Laporte avait obtenu un nouveau bail d'entraîneur du XV de France. Cette grande gueule au bredouillis incompréhensible, cette figure autoritaire incapable de faire des choix, ce prétendu expert qui change trente et une fois de suite la composition de la charnière de son équipe, cet entraîneur chaotique qui est un homme d'affaires avisé, ce futur ministre qui vend du jambon sur les écrans de pub ne correspond pas à l'idée que les amoureux du rugby se font de leur jeu. Bernard Laporte n'aime pas ses joueurs, il n'aime que sa carrière. Dans un pays qui compte des figures glorieuses et respectées comme Pierre Villepreux, Jean- Pierre Rives, Patrice Lagisquet ou Fabien Galthié, sans parler des plus anciens, faire de Bernard Laporte la figure de proue du rugby français, au point de rendre transparents les joueurs eux-mêmes, est au moins une erreur de casting et plus encore une faute de goût.<br /> <br /> L'imbécile forfanterie nationale, orchestrée par des commerçants sans scrupules qui sont en train de «footballiser», au pire sens du terme, un sport qui jusqu'alors avait su rester un jeu, a fait le reste. Le rugby français, finirait-il par l'emporter en un combat douteux, sortira de cette Coupe du Monde méconnaissable.<br /> Car la faute de Bernard Laporte et des autres dirigeants n'est pas seulement d'avoir livré le rugby à la convoitise mercantile. Elle est surtout de l'avoir aplati, normalisé, banalisé. Ce n'est pas un hasard si la faillite contre l'Argentine a été surtout celle des lignes arrière, comme a eu le front de le souligner l'entraîneur après le match. Passés à la moulinette Laporte, les attaquants ne savent plus très bien ce qu'ils doivent faire sur un terrain. C'était patent samedi dernier. Assommés de consignes contradictoires - développer leur jeu ou le cadenasser - les trois quarts ont perdu le french flair qui a fait dans le monde entier la réputation du rugby français.<br /> Soyons justes. Bernard Laporte n'est pas le seul responsable de l'évolution d'un jeu fait au départ de contact et d'évitement vers un monotone affrontement de béliers et de bisons. Il a su faire progresser la défense et la discipline (son célèbre «pas de fautes !») mais il a asséché le jeu. En renforçant les points faibles du XV de France, il a affaibli ses points forts. En somme, il en a fait une équipe moyenne. Les Poitrenaud, Clerc, Michalak, Dusautoir, Szarzewski valent mieux que cela. Il y a huit ans, une équipe bordélique, promise à la déroute, avait maté les Blacks en demi-finale. On attend, sans trop y croire, d'une équipe supérieurement entraînée et promise à la gloire qu'elle fasse aussi bien le mois prochain.<br /> <br /> <br /> <br /> Jacques Julliard<br /> Le Nouvel Observateur
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S
«Cher Guy Môquet, je t’écris...»<br /> Réaction à la lecture de ta lettre dans un vestiaire du Stade de France avant le match de rugby<br /> Par ANTOINE VITKINE écrivain et réalisateur de documentaires.<br /> Si l’équipe avait gagné, ta lettre aurait-elle fini imprimée sur des maillots, le jour de la victoire, au milieu des cotillons, des fanions et des canettes de bière ? Heureusement, cher Guy Môquet, ils ont perdu.<br /> je t’écris pour te demander pardon. Il y a quelques jours, on a lu la lettre que tu as envoyée à tes parents, il y a soixante-six ans, juste avant de mourir assassiné par les nazis auxquels, au risque de ta vie, tu avais décidé de résister, à 17 ans seulement. Ta lettre, on l’a lue dans les vestiaires d’un stade, aux joueurs d’une équipe française de rugby, avant un match très médiatisé qui les opposait à une autre équipe, l’Argentine. Tu es surpris ? Quel rapport entre cette lettre, que tu as rédigée l’âme déchirée dans la crasse d’une geôle nazie, et le match d’ouverture d’une Coupe du monde de rugby ? S’agissait-il d’appeler les joueurs à se sacrifier pour leur patrie, comme toi tu étais supposé l’avoir fait, toi qui pourtant t’es moins sacrifié pour la patrie que pour la liberté et la dignité de tous les hommes? Le rugby, ce sport que l’on pratiquait à ton époque, s’est-il changé en un demi-siècle en lutte contre la barbarie ? Non, bien sûr. La vraie raison, je vais te l’expliquer. Un président nouvellement élu, en quête de nouvelles références pour l’identité nationale, amateur de symboles forts plutôt que de la force du sens, s’est mis en tête de faire de ta lettre un symbole. Un symbole qu’il entend même faire lire dans les collèges et les lycées de France, et dont un entraîneur s’est saisi, pensant bien faire. Je te le dis, bien qu’au fond ça n’ait aucune importance : les joueurs français ont perdu. Trop d’émotion, ont dit les commentateurs sportifs ( «On a chargé la barque émotionnelle jusqu’au trop-plein» ), trop de pression, certains joueurs ont pleuré, lire la lettre fut une erreur. Une erreur. Si l’équipe avait gagné, aurait-on, au contraire, lu ta lettre avant chacun de ses matchs, comme un talisman, un gri-gri, une mascotte ? Et puis après, lors de chaque compétition d’importance ? Ta lettre, forte et triste, aurait-elle finie imprimée sur des maillots, le jour de la victoire, sur les Champs-Elysées, au milieu des cotillons, des fanions et des canettes de bière ? Heureusement, cher Guy Môquet, ils ont perdu. Trop d’émotion, a-t-on donc dit pour expliquer la défaite et pour souligner l’inà-propos de cette lecture. Que ta lettre soit émouvante importe peu, tu le sais bien, toi qui, à l’époque, te fichais bien d’écrire une lettre émouvante. Et pour nous, aujourd’hui, ta lettre devrait représenter autre chose que de l’émotion ; elle est un morceau d’Histoire, un témoignage de l’infamie nazie et de l’abnégation de ceux qui lui résistèrent. Or, cher Guy Môquet, ta lettre et ta mémoire sont devenues les instruments d’une compétition sportive, parce que quelques-uns ont voulu en faire un ingrédient d’un chauvinisme sportif nouveau, plaçant leurs drops bleu-blanc-rouge sous la protection de tes mânes. Par-delà ce match, ta lettre est devenue l’instrument de la communication d’un homme politique, qui a bien compris qu’elle est chargée d’émotions collectives et de valeurs fédératrices, un symbole de la lutte du bien contre le mal, d’une citoyenneté renouvelée et fière d’être française. Un symbole national de plus, après Jeanne d’Arc et le Soldat inconnu, mais avec un surcroît d’âme et d’émotion.Un peu d’émotion dans le moteur de l’identité nationale, voilà ce que représente ta lettre, aux yeux du Président, à une époque où l’émotion, en politique comme en toute chose, est portée aux nues. «Je n’ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans être profondément bouleversé», a déclaré ce président le 17 mai 2007, pour justifier sa première décision de nouvel élu, faire lire ta lettre dans les écoles, «bouleversé» . Tout était dit. Au moins honorons-nous ta mémoire. Mais pour le faire vraiment, pour que cela ait du sens, il faudrait rappeler pourquoi tu es mort, enseigner l’Histoire plutôt que sacraliser ta lettre qui, à elle seule, ne dit pas grand-chose. Il faudrait enseigner une histoire plutôt que bâtir des piédestaux à des héros, à des martyrs, à des saints… Tu n’es pas un martyr, nous n’avons pas de martyr en République. Tu n’es pas un saint, ni le saint patron des rugbymen et des lycéens. Tu es l’un des dizaines de milliers de résistants qui ont donné leur vie en combattant. Une victime parmi des millions d’autres victimes du nazisme aussi, en Europe et en France. Au hasard : ton alter ego, Maurice Abadie, arrêté à 17 ans par la police française, gazé à Auschwitz par les nazis. Ou encore, Renée Alfandari, Henri Alixant et tant d’autres. Le plus grave, c’est que ce faisant, on raconte aux générations futures une Histoire tronquée, imaginaire, partielle. On galvaude ta lettre, ton exemple et toute la Résistance contre le IIIe Reich. On fait des nazis qui t’ont assassiné de vulgaires croque-mitaines tueurs d’adolescents. Bientôt, cher Guy Môquet, ta lettre sera le symbole de la lutte contre le Mal, en tout temps et en tout lieu. Et les lycéens, saisis d’effroi et d’émotion quand on leur lira ce symbole national que sera devenue ta lettre, oublieux d’une histoire qu’ils connaissent parfois mal, traiteront de sale nazi le premier tueur d’enfant venu. Cela entretiendra la confusion et l’inculture, plutôt que d’y remédier. Pardon, cher Guy Môquet, de t’exposer les péripéties dérisoires dont ta lettre est l’objet. Pardon de galvauder ta mémoire, de mêler ton souvenir à une compétition sportive que l’on aura vite oubliée. Contrairement à toi. •
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