Comme d'hab, on peut constater que les critiques sont partagées, ils tentent de rallier à eux leur propre public, ou plus simplement expriment bien ce que pense la catégorie "sociale" qui les consulte: pour certains l'académisme ne peut être dévoyé:on peut préférer la critique du Télérama, à celle des Inrocks,ou ne lire que celles de Libé.....l'avantage du Masque et la Plume de Jérome Garcin ou le Cercle de Beigbeder est de les rassembler: hier j'ai découvert l'émission de Moatti sur la 5. Le plus difficile est sans doute d'arriver à s'en dégager. Car on sait que tout est marqué, par l'éducation, la formation intellectuelle, d'une empreinte souvent indélébile, et qui laisse peu de place à la spontanéité, que j'aimerais défendre.....
Pour Black Swan, les pros y voit un irrespect total de la danse classique au travers de l'interprétation du rôle principal, à qui ils reprochent de ne pas être une danseuse!!!!!! impressionnante quand même quand on apprend qu'elle a suivie des cours pendant une année, mais sacrilège pour les "puristes".
( je souligne que Millepied "danseur étoile du New York City ballet" chorégraphe du film, est le fils de denis qui était prof d'EPS en Guyane :)
Très peu branché sur la danse classique, j'ai regardé une version du Lac des Cygnes interprétée par le ballet de Zurich........mon émotion n'a pas été ébranlée par cette vision, même si je n'ai pas cherché à vouloir comparer l'incomparable.
Black Swan est l'histoire d'une danseuse,brisée, qui cherche à
se réaliser en se débarrassant de tout ce qui entrave une expression libérée: une mère hyper possessive, une sexualité refoulée: une soumission qui la prive de toute créativité
et spontanéité, indispensables pour Cassel le chorégraphe dans le film. On nous raconte comment elle s'émancipe, grâce à un égo hyper développé ,pour arriver à obtenir le 1er rôle:
l'histoire autour du Lac des Cygnes illustre son désarroi, son passage du blanc au noir.....de la pureté à l'impureté,soulignée par le rouge sang du dépucelage.... Le rêve se mêle à
la réalité,même le reflet dans le miroir nous plonge dans un monde d'illusion, pour mieux cristalliser sa transformation.
Le sang coule ,faux, une doublure diabolique, vrai ....ce
monde, entre fiction et réalité nous désarçonne et nous séduit en même temps...... la danse classique, apprêtée hyper codée se laisse dépasser par l'histoire et les obsessions de cette
danseuse......on entre dans les mystères du personnage, avec ses pulsions qui finalement émergent, et on peut se laisser emporter par un final orchestré de façon magistrale (décor,
musique,éclairage, mise en scène....)
et TRUE GRIT?
une image irréprochable, des plans magnifiques, une complicité qui s'installe entre cette gamine de 14 ans impressionnante de détermination, qui plonge sans difficulté apparente dans l'âpre vie du Far West,pour venger son père.
avec ses Marshalls coincés entre la légalité qu'il
représente et la débauche qu'ils savent partager, pour mieux l'écraser....une succession de plans, qui vous emportent ,des rencontres inattendues voire surprenantes qui vous envoûtent,
une realistic end qui ne vous déçoit pas......