
Je ne connais pas trop les frères Dardenne, mais leur démarche me plait
bien. Ainsi l'idée du scénario prend naissance à partir du témoignage d'une assistance sociale qui s'occupe de SDF, enrichi de celui d'un commissaire spécialisé dans les mariages blancs..Sur
cette trame ils développent une histoire en s'appuyant sur le jeu de Lorna, avec la volonté de tout centrer sur elle. Nous nous retrouvons en Belgique, avec notre héroïne albanaise, devenue
belge, ayant appris le français depuis peu,qui vient de contracter un mariage blanc avec un camé , et déterminée à tout faire pour acquérir un snack........ qu' elle espère
partager avec son amoureux albanais.
Le glauque et l'insupportable sont vécus dans les séquences de cohabitation avec son "mari" où de façon symbolique , elle lui sert de l'eau qu'il doit lapper comme un chien, dans un bol, à
ses pieds, alors que l'on mesure le déchirement intérieur de ce jeune drogué, complètement paumé.... Elle ira déterminée et guidée par un petit mafioso jusqu'à le
pousser à l'overdose....pour se préparer à un autre mariage avec un russe .... pour gagner de l'argent cette fois. On le savait déjà ,la misère peut mener à tout....on savait moins que la
"morale" pouvait ressurgir : ainsi elle se donne à Claudy le belge de façon inattendue , mais elle participe à l'organisation de sa mort...une premiere pulsion compassionnelle
suivie d'une pulsion lucrative...mais ça ne s'arrête pas là... tout va basculer, dans la tête des spectateurs, dans sa tête à elle ,c'est la volonté des réalisateurs, pour que chacun
construise sa version finale.......
Histoire du siècle, drame de notre civilisation où l'identité s'achète, où l'ambition toute légitime qu'elle soit ne tolère pas toujours le n'importe quoi....