Entendu à la radio avant hier......
"On les appelle « les harragas », en arabe « arrag », ça veut dire resquiller, brûler, les harragas sont des brûleurs de frontières. Ils y brûlent leur vie.
Il ne se passe pas un jour sans que de jeunes algériens disparaissent, noyés en mer, en essayant de rejoindre les côtes européennes. Il ne se passe pas un jour sans que la presse ne se fasse l'écho
de ces tentatives désespérées de quitter l'Algérie.
Depuis 2006 la ville d'Annaba est surnommée « la capitale des harragas ». Annaba c'est la quatrième ville d'Algérie, entre elle et la Sardaigne il y a à peine 200 km. Toutes les nuits des équipages
prennent le large.
A Annaba la plupart des jeunes ont tenté la traversée ou la préparent.
Depuis 2005 le nombre de harragas interpellés a quintuplé. Ils étaient 335 à avoir tenté de fuir l'Algérie en 2005, ils étaient environ 1500 en 2007. Depuis 2006 le phénomène des harragas explose
en Algérie. C'est devenu un véritable buiseness pour les filières organisées et pourtant ils sont rares ceux qui réussissent à poser le pied de l'autre côté de la Méditerranée.
Contrairement à ce que l'on croit, les harragas ne sont pas des chômeurs, beaucoup ont un emploi, ils sont parfois même étudiants ou fonctionnaires. C'est la classe moyenne algérienne qui part.
Régression sociale, absence de démocratie, accroissement des inégalités, les Algériens partent parce qu'ils n'ont aucun avenir, aucune perspective, les Algériens partent parce qu'ils n'ont rien à
perdre.
Pas une semaine ne passe sans que l'on apprenne que des harragas ont été interceptés en mer ou repêchés à l’état de cadavres et pourtant la chaine de télévision nationale chante chaque soir les
louanges du président Bouteflika."