
Le cinéma Family sert d'espace au film Serbis,
qui raconte l'histoire d'une famille philippine aux valeurs religieuses et morales ancrées, aux antipodes de l'orientation prise par ce cinoche, ultime source de revenus pour
cette communauté familiale..... Homos, putes, pervers alimentent la clientèle et se mêlent avec les membres de la famille qui vivent tous dans le ciné, et qui occupent
une fonction respectable. Le cadet de la famille part quotidiennement à l'école toujours accompagné et le reste du temps il sillonne les couloirs sur son tricycle. . Une histoire
où on constate que la survie de cette famille repose sur la nécessité de faire tourner la boîte, avec une tradition familiale totalement antinomique avec la programmation choisie. Tout
est centré autour de la patronne,et les scènes se déroulent la plupart du temps dans ce magnifique escalier inondé de lumière et alimenté en permanence par le bruit assourdissant
de la rue. Nous sommes en Asie, sous le signe des cathos, héritage de l'occupation espagnole, et totalement acquis à la circulation motorisée, comme dans toute métropole du Sud Est
asiatique... Si en rentrant de l'école notre petit bonhomme croise les jeunes qui tapinent, son regard est alimenté quotidiennement des affiches aux titres suggestifs qui
parsèment les murs du hall : celà ne l'empêche pas de rester encore un bon élève..... On mesure le degré de pudeur qui existe quand la fille de la patronne efface rageusement son prénom associé à
son amoureux du moment, noyés au milieu de tags et d'inscriptions obscènes .
Quant à l'affiche du film elle est ambigue et pourrait expliquer l'intérêt porté par une certaine clientèle, comme l'a bien remarqué Frédéric Bonnaud dans sa chronique
hebdomadaire, où il a a gardé le souvenir d'une sallle remplie de spectateurs plutôt masculins et d'un certain âge........Même soft le porno garde ses adeptes......et il est vrai
qu'il y a des scènes chaudes largement dépassées par le propos tenu. Un grand cinéaste...... philippin.