Dix jours en Algérie....beaucoup d'images et de son sur mes cartes SD.Même si internet fonctionne bien dans les hôtels,je ne me suis pas donner le temps de synthétiser quotidiennement.
Back to Marseille, depuis Oran via l'aéroport d'Alger, où une grève de Air Algérie m'attendait. Largement le temps pour refaire le voyage.......dans sa tête.
photo R Lourie
Des rencontres des découvertes une envie de comprendre, des représentations à gommer, une appréhension nourrie par une culpabilisation associée aux atrocités de la guerre de décolonisation,
auxquelles s'ajoutent la stigmatisation récente du monde musulman par l'occident.
Une constante amabilité des algériens a au contraire généré une empathie partagée...
Beaucoup de contacts qui aident à l'analyse, mais aussi une curiosité à assouvir , que j'ai hâte d' enrichir avec l'histoire de leur passé : une société complexe, un regard influencé
par de multiples échanges,toujours positifs,desquels se dégageaient un respect réciproque..
Si l'Algérie a connu la violence, la nostalgie ressentie par les "francophones" est très présente,voire entretenue avec des sigles à peine modifiés (SNTF,Croissant Rouge..... ) les
indémodables kiosques à journaux,et une presse fournie, autant en arabe qu'en français.
Une histoire riche, où l'influence méditerranéenne s'est esthétiquement traduite architecturalement, grâce aux turcs, espagnols, français.... L'Algérie se dévoile comme une terre de
rencontres.
Certaines églises si elles n'ont pas été transformées en mosquée, sont devenues des bibliothèques. Aujourd'hui en pleine mutation l'Algérie est confrontée aux nouveaux défis du XXI siècle
.
Si les chinois participent à sa reconstruction, l'ère de la voiture est en pleine expansion.....aidée par un tarif de l'essence dérisoire (29 dinars=29cts d'euro le litre)....ajouter à cela
une modernité à l'ancienne avec Cocacola qui arbore ostensiblement ses couleurs, à toutes les terrasses de café,
alors que dans les bars, à l'abri des regards,se retrouvent une population masculine constituée de fumeurs et buveurs addicts . Pour ce qui concerne les crus algériens,
oubliez le sidi brahim.....
Quant à l'urbanisation, on ne capte pas une planification visionnaire à long terme, sinon des barres d'immeubles à l'orée de la ville, la construction de nouvelles lignes de tramway,
beaucoup d'autoroutes, avec une signalisation hyper déficiente, qui génère une conduite hasardeuse, voire très dangereuse.Des chantiers jamais finis, avec la ferraille qui laisse deviner une
volonté de construire un étage supplémentaire, un métro à Alger, dont les travaux ont démarré il y a 30 ans.
Plus prosaïquement les coiffeurs algériens doivent s'arracher les cheveux, avec une population féminine majoritairement fidèle au port du foulard.
Les cinémas ont baissé leur rideau, et les paraboles couronnent les toits......Le portable est omniprésent, mais le muezzin se limite encore à la sono classique pour l'appel à la prière.
Le franglais est une réalité chez nous, on tentera de lister ultérieurement des mots issus de l'arabofranc......
Quant à la presse dont je me nourris régulièrement, elle donne un point de vue critique !!!! Héritage d'une contestation au moins formelle.
Le chauffeur de taxi qui m'a conduit à l'aéroport voulait me montrer son diplôme de conducteur de travaux, tout en me confiant qu'il y avait même des médecins qui s'étaient reconvertis en
taximan?????
Une revalorisation des qualifications acquises semble être urgentissime....mais visiblement l'ultralibéralisme à la sauce méditerranéenne prédomine.
Après 24 heures de voyage, je persiste à penser qu'il faut y aller , mais éviter Air Algérie !