Un film qui associe le réel et la fiction. Comme un roman réaliste où la vie ordinaire représente le noyau d'une histoire.
Ici s' entremêle des parcours différents, le procureur aveuglé par la destinée d'une femme qui est morte quand elle l'a décidé....un médecin légiste qui ne se remet pas de sa séparation, un commissaire complètemement déstabilisé par son fils. Ils sont réunis pour découvrir le corps de la victime d'un meurtre à partir des indications de l'assassin.
Le film commence , la nuit, à la recherche de l'endroit où le "coupable l'a enseveli. C'est un parcours hésitant, dans l'obscurité. La nuit sera longue, ce qui peut décourager les spectateurs.....mais l'atmosphère y gagne, elle nous permet de mieux se construire une idée sur les différents protagonistes et ajoute de la profondeur.Chacun y contribue, largement amplifié par l' esthétique des images réalisées à partir des voitures qui percent la nuit en suivant les lacets de la route dans une ambiance sonore constituée de bruits simples que les citadins ont oublé, aboiements lointains, orage qui s'approche.
On pénètre dans la voiture du commissaire très prolixe ,avec à l'arrière le présumé coupable quasiment muet, coincé entre le médecin et un autre policier.
Le convoi s'arrête régulièrement pour permettre au procureur de vidanger,prostate oblige.....
Si les actions sont minimisées l'atmosphère construite s'épaissit au fil des minutes, même si on connait le coupable
Lorsqu'ils se retrouvent au milieu de la nuit chez le maire d'un village, nous sommes immergés en quelques secondes par les préoccupations journalières de l'élu et émerveillés comme tous les protagonistes à l'apparition de sa fille éclairée par le halo de sa lampe à huile....on pourrait penser à un tableau de l'école classique....
Un film dont la durée est à la mesure des sensations suscitées......
Après oncle Boonmee il y a 1 an , Tree of life, cette année, le cinéma qui ne fait pas que dans la facilité est de plus en plus reconnue par les jurys.