Les critiques se répartissent en 2 camps, avec les cinéphiles d'un côté, les vrais, les spécialistes, qui explosent de satisfaction, et que l'on peut comprendre , quand on les écoute attentivement. On peut classer ce cinéma dans la catégorie expérimentale. De l'autre les déçus, qui lui décernent sans hésitation la palme de plomb. Hier, nous étions cinq dans la salle, deux sont partis après une heure de projection. C'est vrai , nous pénétrons un monde spirituel oriental , qui nous est peu coutumier. La longue scène avec le buffle en début de film nous focalise sur la nature et le monde animal; allusion à une réincarnation possible? .
Apitchapong Weerasethakul,en général prononcé
sans hésitation par les critiques branchés, nous livre ses états d'âme, et s'appuie sur ses souvenirs d'enfance autour de la jungle thaïlandaise, pour raconter la vie de son héros en
phase terminale. Il fait réapparaître les proches de son héros, : sa femme décédée depuis plusieurs années,toujours jeune, son fils disparu, sous les traits d'un monstre gorillesque.
Il ne s'agit pas d'entrer dans le monde du rêve, avec ses différents niveaux, mais dans celui du souvenir, et d'une fin de vie. On est forcément séduit devant cette idée de réapparition de ceux
qu'il a tant aimés.Des longueurs qui nous interrogent, mais qui nous aident à mieux pénétrer les instants qui précèdent le départ définitif , imprégnés de zénitude.... Tout au long du
film, ce sont bruits de la fôrêt, éclairage en semi teinte,réapparition doublée. Un monde imaginaire, avec des scènes dignes d'une série "fantastique" , je pense aux ébats entre une
princesse et un poisson chat, ou au retour dans la grotte originelle......de quoi rester coi...
En lui délivrant la Palme d'Or, Tim Burton lui aussi s'est écarté des voies classiques.