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La situation à Mayotte

envoi de Patrice B

 

Mayotte - Les victimes parlent :
« un lien de confiance s’est rompu avec Mayotte »...
Par A L
Jeudi 3 Novembre 2011 à 18:29:05
Plusieurs témoignages d’enseignants, mais qui pourraient émaner de soignants, ou d’autres professionnels qui essaient de travailler au quotidien en dépit des barrages, vont dans un sens : le découragement face aux agressions et à l’absence de protection de l’Etat français.Trevani-plage-7.jpg
Le conflit va impacter sur l’économie et la société mahoraise, cela fait 5 semaines que tous les médias de l’île avertissent de la catastrophe. Et les premiers effets sont là : 25 professeurs ont choisi de rompre leur contrat immédiatement selon le syndicat du second degré SNES. Certains lycées et collèges manquent de professeurs, et si pour l’instant les absences sont imputables aux problèmes de circulation provoqués par les barrages, l’arrêt du conflit va mettre les établissements dans l’impossibilité d’assurer certains cours… Et ceci, sans compter les enseignants qui ne souhaitent pas renouveler
leur contrat au bout d’un an ou de trois ans.
Les départs immédiats sont justifiés par des agressions, 18 professeurs ayant bénéficié de 7 à 15 jours d’Incapacité de travail (ITT), victimes de caillassage caillassage.jpgou d’agressions directes (Voir témoignages ci-dessous).
La période des mutations arrive et habituellement c’est une cinquantaine de mails de renseignements qui arrive sur la boite du SNES. « Cette année, il n’y en a que 3 ou 4… Il va y avoir un gros problème de recrutement » explique Yann Durozad, secrétaire général du SNES.
Nous avons pu reccueillir plusieurs témoignages de violences, et si certains n’ont été « que » rançonnés comme cela peut arriver sur un barrage, d’autres ont été gravement blessés : tel ce professeur de mathématiques agressé par des jets de pierre réitérés alors qu’il rentrait du collège de Kawéni le mercredi 26, sur le rond-point du Jumbo score par les émeutiers, 7 jours d’ITT ou ce professeur d'anglais au lycée de Mamoudzou caillassé à son retour au domicile le mercredi 26 octobre à 11h 30 au rond point de Jumbo score, et ce professeur au collège de Chiconi, caillassé toujours le même mercredi 26 à un barrage pourtant levé à Vahibé, ainsi que ce professeur de lettres au collège de Dembéni agressé mercredi 26 devant chez lui à Tsoundzou, ou encore ce professeur de mathématiques du lycée du Nord molesté à un barrage vendredi 21 en revenant chez lui vers 22h00 dans l’extrême nord avec des dégâts sur la voiture, ainsi que ce professeur d’éco gestion au lycée de Mamoudzou, caillassé violemment en rentrant chez lui ; il venait de Tsoundzou le soir peu avant minuit le vendredi 21. Il a porté plainte. Il y a aussi un enseignant contractuel au collège de Passamainty, agressé sur son deux roues à la sortie de Dembéni lundi 24 sur la route vers 17h00 en repartant du collège par 8 individus d’une vingtaine d’années et ce professeur d’Histoire-Géographie au collège de Kawéni 2, « caillassé » à Majicavo /Koungou en revenant chez lui après sa journée de cours mercredi 26, ainsi que 4 autres enseignants caillassés en sortant du collège de Kawéni mercredi, l’un d’entre eux, caillassé même en cours avec ses élèves et une vingtaine de collègues obligés de se réfugier au Lycée de Sada le 19 octobre jusqu’en milieu de soirée par des émeutiers…TrEvani-plage-1.jpg
Sans compter les angoisses « collatérales » comme l’exprime un autre professeur, « comment envoyer mon fils de cinq ans à l’école à Tsoundzou II dans ces conditions ? » ou un autre « comment ne pas s’inquiéter pour ma fille de deux ans restée à la maison avec la nounou si des jeunes entraient dans le lotissement ? », « Comment ne pas m’inquiéter pour ma femme partant vers le lycée du nord avec tous ces barrages et ces agressions dont des proches sont victimes, avec le risque de rester bloquée la nuit tombant, en pensant à la recrudescence des viols cette année ? », « je préfèrerais de loin être au collège à faire mon travail dans de bonnes conditions plutôt que de rester chez moi comme un lion en cage à m’informer des événements et à avoir peur pour ma famille ».
Un professeur présent depuis 5 ans à Mayotte, donc sans indemnité sans prime, remet en question sa présence qu’il considère pourtant comme indispensable au développement de Mayotte : « un lien de confiance s’est rompu avec l’île ».
La population ne se sent plus protégée. Du côté gendarmerie, l’ordre est d’éviter les incidents et les provocations, les jeunes sévissant sur les barrages n’attendant que ces confrontations. Mais cette situation implique une solution : chacun va se défendre avec ses propres armes, ce qui n’est pas prévu dans notre Constitution française. Ceci n’a pas prêté à des dérapages jusqu’à présent, mais chez les automobilistes coincés ce matin sur les barrages la tension continue à monter : à Koungou des petites altercations en étaient la preuve.........

Témoignages  dans commentaire

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S
<br /> Mayotte - Des dégâts irréversibles…<br /> Dans l'impossibilité de se rendre à Longoni en voiture, le pilote qui a entré le "La Tour" a embarqué sur une pointe en bateau<br /> « Des dénis de vérité dangereux animent certains syndicalistes »<br /> Stanislas Martin tient invariablement le même discours, rappelant que sur le sujet qui fâche, le prix de la viande de b½uf, « je collecte les éléments objectifs et vérifiés qui permettront de dire<br /> si oui ou non il est possible pour les distributeurs de faire un effort ». Demain, c’est une réflexion en interne sur les documents récupérés qui attend le médiateur qui est plutôt content des<br /> éléments réunis, « mais nous sommes toujours dans la phase de dialogue, un premier rapport devant sortir mardi ». Ce qui veut dire en langage de l’intersyndicale, une poursuite de mouvement pendant<br /> encore 6 jours. Tout<br /> simplement intenable pour les nombreux habitants qui n’ont pas pu rentrer chez eux ce mercredi soir, coincés par des barrages.<br /> « Tournez vous vers la grande distribution qui bloque la situation par son absence de négociation » s’écriait Boinali Said qui refuse toujours d’admettre que près de 3.000 emplois sont menacés, «<br /> ce sont des théories pour saper notre mouvement. Avant, le conflit, la crise avait déjà provoqué des licenciements ! ». C’est dire la situation après le conflit… Mais il est vrai que Boinali Said<br /> est mis à dispo, c’est à dire que son action syndicale lui permet de toucher à la fin du mois un salaire, contrairement à bon nombre de grévistes. Ce qui n’est pas le cas par contre de Salim<br /> Nahouda qui n’est pas détaché de la société EDM, son employeur, et qui se bat sans filet, sans salaire à la fin du mois.<br /> Loin de calmer les esprits, un ticket de caisse du supermarché Jumbo score était exhibé, avec un affichage de 10kg d’ailes de poulet à 29 euros, alors le prix de 19,95 euros les 10 kgs a été<br /> négocié et devait être appliqué, il est vrai à partir de la signature de l’accord. Accord que seuls l’UD FO et son association de consommateurs AFOC ont signé. Mais, outre le fait que ces<br /> négociations n’ont été tenues dans aucun cadre légal comme le rappelait le député Abdoulatifou Aly, il n’y a eu aucune négociation au kilo, permettant ensuite toutes les interprétations…<br /> Un degré d’indécence vient d’être atteint dans une île où la tolérance semble un mot qui s’éloigne de plus en plus de la réalité. Le combat pour une réorganisation de l’économie dans le petit<br /> département d’outre-mer qu’est Mayotte doit maintenant se poursuivre hors mouvement, en sachant que des dégâts irréversibles en matière d’unité sociale, entre mahorais (les « anciens » pleurant, au<br /> sens propre, sur une île qu’ils ne reconnaissent plus) et entre<br /> mahorais et mzungus, sont désormais marqués dans tous les c½urs.<br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> Témoignage :<br /> Dzoumogné, le 25 octobre 2011.<br /> Ce matin, entre 10 heures et 11 heures, ma compagne a filmé le caillassage d'un groupe de gendarmes mobiles par un individu qui s'est vu filmé par celle-ci. Celui-ci l'a alors menacée de mort en<br /> lui disant qu'il reviendrait suite à ce film, menacer de mort aussi mes enfants, jeté des cailloux de grosse taille dans mon domicile, puis lors de mon retour à mon domicile vers 13h30, m'a<br /> remarqué, c'est donc qu'il m'attendait pour mettre ses menaces à exécution, est venu vers moi, m'a menacé, jeté un gros caillou sur le casque à bout portant dans l'intention de me faire mal, je<br /> l'ai vu dans ses yeux,puisque je me déplace en scooter, agressé également en tentant de me donner un coup de poing, mes lunettes sont tombées à terre, il en a profité pour les écraser sans y<br /> arriver heureusement, la visière de mon casque ayant sauté, j'enlève alors qu'il avait dit en public ce matin, et celui se retourne et me lance un autre caillou qui m'atteint à la tête, me faisant<br /> un hématome gigantesque, me blessant au bras en me marchant dessus et en me traitant de : « sale blanc, retourne chez toi, moi je suis un black ».<br /> En reprenant mes esprits, je me suis alors retourné contre lui en voulant l'arrêter de suite, car j'ai vu que celui-ci allait en direction de mon domicile dans l'idée d'y pénétrer, pour y faire je<br /> ne sais quoi, ce qu'il a essayé de faire d'ailleurs, mais la porte était fermée, heureusement, puis de rage, a jeté des cailloux à l'intérieur de mon domicile, dans le jardin plus exactement, en<br /> tambourinant contre la porte et en la « caillassant ».<br /> Arrivant sur les lieux, blessé, j'ai eu une altercation avec l'agresseur pour lui demander de venir s'il était un homme et de s'expliquer sur ses actes, la discussion est montée très vite de ton,<br /> les personnes présentes sur place et spectateurs, n'ont rien fait, seul 2 personnes m'ont demandé d'arrêter et de me calmer, m'empêchant d'aller à la rencontre de celui-ci en me ceinturant,<br /> laissant l'agresseur s'éloigner en toute impunité et réitérant ses menaces de revenir nous régler notre compte. Je persiste et signe en disant que tout le monde présent lors de cette agression,<br /> connaissait l'agresseur mais aucune n'a pu donner son nom ni son adresse.<br /> Nous avons peur pour notre vie, les forces de l'ordre sont absentes pour assurer notre protection, car celles-ci ne sont pas assez<br /> nombreuses sur place, et ne peuvent passer sur les routes car de nombreux barrages subsistent. De plus, celles-ci veulent favoriser un climat d'apaisement et me demandent d'attendre avant de<br /> recevoir ma plainte que la situation se calme.<br /> Après mon passage au dispensaire de Dzoumogné, cet après-midi, pour faire constater les blessures reçues, je me suis vu recevoir une I.T.T de plus ou moins 7 jours suite à ces coups<br /> volontaires.<br /> Je suis outré de ce qui nous arrive et demande fermement et urgemment le rapatriement de ma famille en métropole pour assurer leur sécurité. Je resterai en poste s'il le faut, pour ne pas<br /> abandonner ma mission que j’adore au demeurant, mais demande également mon rapatriement dès que cela était possible, je ne suis plus en état de comprendre quoique ce soit à ce qui arrive, un<br /> département français se doit d'assurer l'ordre et la sécurité de ses concitoyens, je suis touché dans ma dignité d’homme et de pédagogue, je ne suis pas de fier !!<br /> Il est évident que je porte plainte dès que j'en aurai la possibilité physique et surtout les autorités compétentes disponibles pour recevoir ma plainte pour menaces de mort, à mon encontre et<br /> envers ma compagne, et les enfants, coups et blessures sur ma personne et tentatives d'intrusions dans mon domicile ainsi que jets de projectiles dans l'intention de faire mal voir de tuer au vu<br /> des menaces proférées.<br /> Mayotte île pelée ! » bientôt dans les brochures<br /> Car les arbres tombent plus vite que s’ils étaient gangrénés par une bactérie : coupés en douce pendant la nuit comme ce fut le cas à l’entrée et la sortie de Vahibé, de Koungou et de tant d’autres<br /> villages. Les barrages et des violences ont empêché l’île de vivre normalement encore aujourd’hui.<br /> Deux arbres au moins centenaires en ce qui concerne Vahibé, deux magnifiques manguiers dont les fruits, pas encore mûrs, jonchent le sol… C’est à la tronçonneuse que les saccageurs y sont allés, et<br /> impossible de ne pas l’entendre du village. Que ce soit des connivences ou de la lâcheté, l’entreprise a été menée à bien.<br /> Les barrages ont de nouveau sévi sur l’île, mesures de poids pour négocier avec Denis Robin, arrivé dans la journée et occupé en réunions internes à la Préfecture pour sa première après-midi. Mais<br /> si certains Mahorais, lassés de ne pouvoir circuler, évacuaient les obstacles en matinée à Koungou, l’aprèsmidi, l’île était de nouveau paralysée avec toujours les mêmes bandes de jeunes postés<br /> souvent en hauteur, des cailloux à la main. Pour eux, c’est un jeu<br /> contre les forces de l’ordre ou contre des automobilistes impatients, mais pour les usagers de la route, c’est l’impossibilité de pouvoir travailler doublée de la crainte du danger. Plusieurs<br /> pare-brise ont fait les frais de cette violence.<br /> Ce serait le moment pour le comité de crise monté mardi par les élus de montrer qu’il existe… La population a besoin d’être rassurée, épaulée. Ce qui n’a pas encore été le cas. Surtout que de<br /> nouveau à Koungou les ambulances ne pouvaient passer ce matin…<br /> Impossible non plus de passer du côté des deux Majicavo où des adolescents, armés de pierres et postés sur les hauteurs, attendaient ceux qui se risquaient à franchir le no mans land.<br /> La gendarmerie n’est pas intervenue de la journée : « ils n’ont plus le droit ! » disait Akim un automobiliste, approuvés par ses voisins. Les forces de l’ordre, pour éviter tout nouvel incident,<br /> attendent en fait que les habitants des villages prennent les choses en main et enlèvent eux-mêmes les barrages.<br /> Mais en attendant, pas de liberté de circuler…<br /> <br /> <br />
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